Un haïtien au profit duquel travaille tous les autres

Dernière mise à jour : 27 août 2021

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A l’origine, le terme “bourgeois” servait à désigner en France les habitants des villes et des bourgs, leur mode de vie. Au fil du temps, le mot a beaucoup évolué et a perdu de son sens premier. Aujourd’hui, le vocable bourgeoisie renvoie à une classe sociale détentrice des moyens de productions ( usines, moyens de transports, etc.). Elle s’oppose à la classe ouvrière (souvent décrite comme possédant uniquement la force productive) qu’elle domine.

La bourgeoisie se définit par des éléments de culture, des pratiques communes telles que l’emploi des domestiques, le culte de la vie familiale et de la femme au foyer, ou certaines normes d’éducation, d’hygiène et de propriété.

Dans bon nombre de societés, les bourgeois, dans le sens actuel du terme, se voient octroyer tellement de pouvoir qu’ils arrivent même a exercer le pouvoir politique.


En Haïti, mis à part quelques rares exceptions, les bourgeois ne sont pas encore parvenus à exercer « directement » le pouvoir politique. Cependant, leur unfluence est telle que la quasi-totalité de nos dirigeants politiques sonr redevables aux bourgeois. Souvent, ce sont eux qui financent les campagnes electorales de nos candidats. Point important de signaler que ces financements se font en échange de certaines garanties.

Plusieurs noms peuvent figurer sur la liste des bourgeois les plus puissants d’Haïti:Réginald Boulos, Andy Apaid, Carl Braun, Grégory Mevs, Reynold Deeb, Gilbert Bigio, etc.

Ce dernier est la deuxième plus grande fortune d’Haïti derrière Dennis O’Brien le fondateur de la Digicel.

Gilbert Bigio est un juif d’origine syrienne. Sa famille débarqua en Haïti en 1896. Il est né en

1935. Depuis 1972, il a fondé le GBG dont il est actuelleement le président et Reuven Bigio, le PDG. Gilbert Bigio Group a plusieurs filiales dont les Aciéries d’Haïti, Immocaraïbes, GB Energy, Lafito Global, etc. Il doit une partie de sa fortune à la fabrication du fer ajoutée à d’autres activités liées à la construction.

Il vit à Miami dans le luxueux quartier d’Indian Creek Village où il n’y a que 35 maisons et une population de 86 personnes. C’est l’un des quartiers les plus riches de la planète.

Il n’a pas de données exactes sur sa fortune actuelle. Nous savons qu’il est milliardaire et que, quelques années auparavant, sa fortune a été estimée à plus de deux milliards de dollars par le fameux magazine Forbes.

Selon la journaliste Corey Lynn il dispose d’une armée privée de 80 hommes pour sa sécurité et celle de ses propriétés en Haïti. Avant, il avait sur sa fiche de paie chaque membre influent de l’ancienne armée. Aujourd’hui, ce sont les chefs de police qu’il a à sa solde.

Quand la situation sécuritaire se détériore en Haïti, il bénéfice de l’envoi de plusieurs commandos israeliens pour sa sécurité personnelle grâce aux liens qu’il entretient avec les Forces de Défense Israeliennes. D’ailleurs, il a été pendant 25 ans consul honoraire d’Israel en Haïti avant d’être remplacé par Georges Bigio.

Il controle l’économie haïtienne et detient le monopole d’une pluralité de produits dont nous faisons usage quotidiennement. Pour ainsi dire, la quasi-totalité des haïtiens contribuent à son enrichissement en achetant ses produits. Parmi les produits dont Bigio a l’exclusivité en Haïti nous pouvons citer: Kraft, Heinz, Clean Boy, Nido, Carnation, Mayo, le ciment « Kòlòs », etc.

La main mise est telle qu’il controle le ministère des finances, l’Autorité Portuaire National (APN), les ports de Port-au-Prince et de Miragoane.

Il a en horreur la concurrence et n’hésitera pas à écraser quiconque envisage de le rivaliser en fabricant ou en important les mêmes produits que lui.